Raison d’être de la revue

Cette revue savante et pluridisciplinaire a pour but de présenter des débats contemporains et cruciaux sur des questions certes classiques de la philosophie, de la métaphysique, de l’ontologie, des sciences, mais dont la récurrence les conduit à être perpétuellement actuels. Les termes de ces débats sont requalifiables à la fois par le renouvellement du questionnement philosophique et par les apports des sciences positives.

Il s’agira d’examiner à nouveaux frais des questions négligées - et les façons tout aussi négligées de les traiter - à cause d’une prépondérance parfois hégémonique de certaines manières de philosopher. On insistera sur le dialogue science-philosophie, sur le monisme et le continuisme inhérent au matérialisme défendu ici, sur la question connexe de l’épistémologie naturalisée et de la fugacité des démarcations entre sciences et philosophie. Ceci pose le problème de la revendication de l’unité de la science. C’est dans la pluridisciplinarité de juxtaposition (des sciences de la nature aux science humaines) que nous pensons trouver, par des opérations épistémologiques sans doute encore à dégager (mais bien entendu sous-tendues par l’idée que le matérialisme en est la clef), les moyens d’une unité de la science donnant lieu alors à une véritable interdisciplinarité permettant de penser les entités du monde de façon non-disjointe, mais aussi sans qu’elles perdent leurs spécificités ou leurs attributs propres, ou saillants. Il est encore affirmé par nous que le matérialisme tend à faire apparaître une conception du monde cohérente et que déroger à cette cohérence ne peut que mener à des dualismes de tous ordres. Nous insistons sur l’observation que de nos jours le matérialisme méthodologique des scientifiques, bien que généralisé, est insuffisant et qu’il est temps, depuis le 19e siècle, de réenclencher, grâce à des moyens en rapport avec nos connaissances les plus récentes et les plus puissantes, la revendication d’un matérialisme ontologique.

Beaucoup de scientifiques éludent cette question, d’autres se la posent sans fard. Cette revue voudrait, entre autres, être le lieu de ce questionnement. Mais assumer pleinement le matérialisme comme socle de la pensée oblige à une auto-vigilance sereine mais ferme. Nous aurons à poser la question des rapports - agonistiques ou connexes - du matérialisme et des autres doctrines à vocation épistémologique et gnoséologique. De même, et une fois n’est pas coutume, il sera tenté l’examen des relations qu’entretiennent entre elles les différentes formes du matérialisme.

Dernière mise à jour : vendredi 8 janvier 2010 - Espace privé | Plan | Liens |